Mon vrai nom est Elisabeth

Droits réservés : Joyce Hankins
En quelques mots

Une chercheuse craignant de devenir folle mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Elisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances. Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C’est à peu près tout. Les enfants d’Elisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n’en parlent pas à leurs enfants qui n’en parlent pas à leurs petits-enfants. « C’était un nom qu’on ne prononçait pas. Maman, c’était un non-sujet. Tu peux enregistrer ça. Maman, c’était un non-sujet. »

Un ouvrage hybride

À la croisée des genres, entre roman, essai et autobiographie, ce livre a su me marquer. C’est le premier ouvrage de l’autrice et j’ai découvert une écriture agréable et plutôt facile à lire. La lettre de suicide qui ouvre le roman a immédiatement capté mon attention et j’ai été happée par cette histoire familiale faite de nombreux secrets.

La santé mentale en toile de fond

Adèle Yon fait de sa quête personnelle un sujet d’histoire vraiment passionnant. Elle interroge quasiment toute sa famille, j’ai beaucoup aimé l’alternance des discours, entre son récit à elle, les extraits d’entretiens, les lettres, les rapports médicaux… La construction est intéressante et donne beaucoup de relief au récit.

L’histoire secrète, même taboue, de la vie de Betsy, est finalement un prétexte pour aborder le sujet de la santé mentale chez les femmes et la manière dont elles ont été traitées par les hommes et la société au fil des décennies. J’ai adoré ce thème, que je trouve passionnant, fascinant et inquiétant à la fois. Cela dit, j’ai parfois trouvé le passage sur la lobotomie un peu complexe à lire, un peu long. Mais peut-être que je n’avais juste pas la bonne énergie mentale à ce moment-là.

Des romans complémentaires

Bien qu’il soit fondamentalement différent, j’ai trouvé que ce récit n’était pas sans rappeler les romans « Le bal des folles » de Victoria Mas et « La salle de bal » d’Anna Hope, qui traitent eux aussi de la santé mentale des femmes et du traitement qui leur était réservé. Nellie Bly avait elle aussi abordé le sujet avec « Dix jours dans un asile », je trouve que ça complète bien cette lecture, qui a réussi à me passionner jusqu’au bout.

Voir un psy peut être très dangereux.

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2 réponses à “Mon vrai nom est Elisabeth”

  1. En effet, nous nous rejoignions totalement sur les compléments ! Je suis curieuse de voir ce que ce livre me laissera comme souvenir dans quelques temps

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