Hystérie collective, Lionel Shriver

Droits réservés : Artturi Jalli
En quelques mots

Liste des mots interdits : Stupide, idiot, bête, haut potentiel, méritocratie, etc., etc.

Sont désormais proscrits : Les devoirs, les tests, les notes, les examens. Les entretiens d’embauche. Les bilans de compétences.

Conséquences : Enfants, parents, voisins, collègues, amis, amants, époux sont invités à se dénoncer les uns les autres. Tout contrevenant s’expose à un avertissement, une amende, voire à une peine de prison.

Professeure à l’université, Pearson se demande encore comment les États-Unis en sont arrivés là. Depuis que le mouvement pour la Parité mentale a pris le pouvoir, les enfants n’apprennent plus à lire, le niveau des étudiants a chuté, les dîners où l’on débattait à bâtons rompus sont devenus sinistres. Heureusement, il lui reste sa meilleure amie, Emory, pour ironiser sur la situation. Les deux femmes se connaissent depuis l’adolescence, la confiance entre elles est totale. Ou du moins Pearson le croit-elle…

Droits réservés : La Planque à Libellules
Un roman intrigant mais exigeant

Croisé sur le blog de Marinette, j’ai été tout de suite intriguée par ce titre. J’ai mis la main dessus et je n’ai pas été déçue. C’était ma première fois avec l’autrice, certainement pas la dernière. J’ai beaucoup aimé son écriture très incisive, grinçante et sans concession. Elle sert hyper bien un texte que j’ai trouvé particulièrement exigeant, qui aborde un thème très actuel : la bien-pensance et le politiquement correct.

Au départ, j’avoue avoir eu du mal à entrer dans l’histoire, c’est très froid, un peu inquiétant et les personnages m’ont clairement rebutée. J’étais à la fois attirée et repoussée par le roman, curieuse de voir jusqu’où irait l’autrice, mais en même temps pas vraiment tenue en haleine, car il y a assez peu de suspense.

Un sentiment de malaise prégnant

L’autrice dépeint un monde vraiment glaçant, d’abord malaisant, un peu saugrenu même parfois… Et puis on réalise qu’on est en fait très proche du réel. Et finalement je crois que c’est ça qui me dérangeait : c’est à la fois absurde et réaliste. Une véritable satire sociale acérée du conformisme, avec un personnage principal qui ne se plie pas aux règles, voire même qui y déroge complètement.

J’ai eu beaucoup de mal avec Pearson, l’héroïne du roman, mais également avec ses proches, je les ai trouvés agaçants et mous. Je ne m’y suis pas du tout attachée ni reconnue. Pour autant, j’ai apprécié leur construction, leurs réactions, leurs interactions et j’ai tout de même réussi à comprendre la position de Pearson.

Une lecture puissante

La construction du roman est puissante, tout monde crescendo jusqu’à l’explosion qu’on attendait forcément. Mais là où l’autrice m’a vraiment bluffée, c’est sur cette fin qui ne tourne pas comme on pourrait l’imaginer au départ et finalement tout le monde en prend pour son grade.

C’est un roman complexe, une belle critique de la société actuelle. Un thème passionnant et bien abordé, que je ne peux que vous inviter à découvrir si ce n’est pas déjà fait.

Je suis intrinsèquement incapable d’ânonner sans réfléchir « Les gens stupides n’existent pas. » Mea culpa.

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