A(ni)mal, Cécile Alix

Droits réservés : Rahim Saikat
En quelques mots

Avoir 15 ans dans un pays en guerre, être forcé de devenir un homme, se retrouver projeté sur les chemins de la clandestinité, effleurer les limites de l’humanité, apprendre à survivre, s’effacer, oublier…

Depuis sa sortie, j’ai mon œil dessus. Mais je n’avais jamais franchi le pas, sans trop savoir pourquoi. Mon Lui me l’a offert à Noël, je me suis enfin décidée à la lire. Je connaissais seulement le thème, je me suis lancée sans filet… Et quelle claque !


Droits réservés La Planque à Libellules
Un titre atypique pour un thème dur

Au départ, j’ai trouvé que le titre du livre était intrigant, j’étais curieuse de comprendre pourquoi il y avait des parenthèses dans le mot, qu’est-ce que cela pouvait bien cacher. Vous aurez la réponse en lisant l’histoire, je ne la donnerai pas ici. Après ce titre pas banal, l’essai est transformé avec l’écriture de l’autrice. Elle a une plume incroyable, précise et percutante. On sent que chaque mot est savamment pesé et choisit, c’était celui-ci et pas un autre. Et je trouve que c’est encore plus le cas quand on s’approche de la fin de l’histoire, mais je ne veux pas trop en révéler ici.

Bien évidemment, le thème du roman, la violence du parcours d’un réfugié, est dur, violent et assurément très actuel. Je trouve que ce n’est pas un thème facile à aborder. Beaucoup de choses ont déjà été dites, beaucoup de romans existent, réussissant plus ou moins le travail. Là où je trouve que c’est encore plus difficile de le traiter, c’est parce que nous ne vivons pas ces exils, nous ne savons pas réellement pour pouvoir le dire. Mais les mots de l’autrice sonnent juste, sans pathos exagéré. La vérité brute, celle qui fait passer le lectorat par toute une palette d’émotions fortes. En lisant et en suivant la route de Miran, j’ai vécu la colère, la peur la tristesse, l’espoir, la déception… C’était vraiment très intense.

Des émotions fortes

Sur son chemin, Miran fait des rencontres. Certaines d’entre elles m’ont touchée, m’ont accroché un sourire, m’ont tiré une larme d’espoir. Et d’autres m’ont mise en colère, même si ces réactions ne m’ont finalement pas étonnée. Et c’est peut-être ça qui m’a mise en colère, d’ailleurs. Et puis il y a LA rencontre. On sait que ça n’arrive pas, ou si peu, mais ça bouscule quand même. C’est simple et sans condition, c’est ce qui rend le tout encore plus bouleversant.

Cécile Alix distille aussi beaucoup de poésie et de douceur dans la noirceur du monde. Il y a des morceaux de poèmes, des bouts de chansons, bien sûr, mais aussi et surtout le regard à la fois averti et candide de Miran. Et, non contente de m’avoir secouée à chaque chapitre ou presque, elle a réussi à complètement me chambouler avec sa fin. Sans trop vous en dévoiler, car je souhaite que vous puissiez vivre les mêmes émotions, je n’ai rien vu venir. Quand j’ai compris, je suis même revenue en arrière pour vérifier si j’avais loupé des indices. Mais non.

Une lecture fondamentale

En quelques mots, vous l’aurez compris, ce livre m’a complètement séduite. La construction du roman est extra, le sujet est particulièrement bien traité et les émotions sont au rendez-vous. Cette lecture est, pour moi, une lecture nécessaire à lire et à faire lire.

« Migrateurs, « migrants », les uns oiseaux, les autres humains… Presque le même mot pour désigner ces voyageurs qui se croisent et passent d’un lieu à l’autre.

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