Fils de tueurs, Rachel Corenblit

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En quelques mots

Clément, 17 ans, est le fils d’Étienne Duval, un célèbre tueur en série. Après dix ans sans contact, il accepte de rencontrer sa mère dans le parloir de la prison où elle est incarcérée. En échange, cette dernière a promis de lui révéler où sont cachés les corps des victimes de son père. Mais Clément ignore les véritables intentions de sa mère.

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Un thème peu ordinaire

Comme plusieurs titres depuis le début de l’année, celui-ci fait partie de la sélection du Prix Sainte-Beuve à mon travail. Je dois reconnaître que si le titre pouvait m’attirer sur le papier, ça n’aurait pas forcément été une priorité de lecture si ça n’avait pas été pour le boulot. Et je serais passée à côté d’une bonne lecture sans ce prix littéraire !

Il me semble que c’est assez rare de voir une histoire de tueur en série du point de vue d’un membre de sa famille. C’est un thème vraiment intrigant, que j’avais croisé dans « La femme du serial killer », d’Alice Hunter, que j’ai lu l’année dernière et qui ne m’avait pas vraiment convaincue. J’étais donc d’autant plus curieuse de voir comment Rachel Corenblit allait s’attaquer au sujet.

Distance et froideur au programme

Dans l’ensemble, c’était une lecture plutôt intéressante et que j’ai appréciée, mais elle ne m’a pas tenue en haleine comme l’aurait fait un thriller. C’était prenant sans être envahissant.

L’écriture de l’autrice m’a semblé froide et distante, presque dure. C’est perturbant au départ, pourtant, ça fonctionne bien : cette distance donne finalement beaucoup de profondeur aux personnages. On a presque la sensation d’observer un microcosme particulier, sans jamais créer d’attaches avec le personnage principal. Et ce côté quasi chirurgical a su me séduire par son originalité.

J’ai aussi apprécié la partie « podcast », qui permet de changer légèrement de ton et d’apporter des précisions sur l’histoire des tueurs, sans alourdir les propos du personnage principal.

Une lecture troublante

Et puis, il y a tout l’aspect psychologique de cet adolescent qui est finalement lui aussi une victime de ses parents. L’autrice aborde le sujet de la transmission des parents aux enfants, l’héritage, qu’il soit assumé ou non, et la culpabilité qui accompagne Clément .J’ai trouvé que l’autrice travaillait bien son sujet, en sachant qu’elle s’est inspirée de plusieurs affaires pour construire son roman. C’est parfois glauque et malsain, mais pour autant, il y a une lueur d’espoir avec Clément, qui semble plutôt stable psychologiquement malgré sa vie chaotique.

En conclusion, c’est une lecture vraiment troublante, tant dans sa forme que dans son fond, que je ne regrette pas du tout, mais qui ne plaira pas à tout le monde.

Tu dis que mettre des mots sur les douleurs, ça ne permet pas toujours de les guérir mais il vaut mieux ne pas les taire.

Ce billet participe au Challenge Les Dames en Noir
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12 réponses à “Fils de tueurs, Rachel Corenblit”

    • Oui, c’est particulier quand même. Et le fait que ce soit très proche d’une affaire réelle (celle de Fourniret en l’occurrence), ça peut rebuter.

  1. Je le note appréciant beaucoup les thrillers qui évoquent le point de vue d’un membre de la famille d’un serial killer. Dans ce registre, il y a l’excellent L’ombre de la menace que je ne peux que te conseiller.

  2. Hum j’apprécie les thrillers mais je crois que je vais faire l’impasse sur celui-là, l’écriture un peu froide et distante de l’auteure ne m’inspire pas trop… dans un style proche (qui se place du côté de la famille d’un tueur) j’avais lu La femme du monstre de Jacques Expert et je me rappelle avoir bien ressentir une forte brutalité marquée par le côté victime de la femme et son côté complice, ça donnait quelque chose de très ambivalent et malaisant. Si ce sujet t’intéresse, il y a aussi L’ombre de la menace de Rachel Caine que j’ai adoré ! on suit la famille d’un tueur en série après son arrestation et tous les impacts que cela aura sur leurs vies, c’était vraiment bien.

    • Tu n’es pas la première à me conseille L’ombre de la menace 😉 Je vais sûrement me lancer, du coup 😉
      Par contre, j’ai essayé de lire un Jacques Expert une fois, j’avais pas accroché à son style :/

  3. Je suis curieuse de savoir si tu t’es attachée à un personnage quand même ? C’est un ingrédient qui m’est indispensable pour vraiment apprécié un roman je crois. Parce que sinon, il a tout pour me plaire. En fait, j’aime bien imaginé ce qui peut se passer dans la tête des membres d’une famille concernée. Le fait que ce soit inspiré du fils de Fourniret ajoute à ma curiosité du traitement du personnage. C’est juste difficile de garder une limite pour ne pas tomber dans du voyeurisme je trouve, et faire porter une responsabilité à un enfant qui n’est pas la sienne.

    • Franchement, pas vraiment d’attachement au personnage principal, c’est très « froid ». Mais il est intéressant et c’est plutôt une bonne lecture 😉

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