La cuisinière de Frida, Florencia Etcheves

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En quelques mots

Mexique, 1939. Nayeli Cruz échappe à un mariage forcé à 14 ans. Elle trouve un emploi de cuisinière chez la peintre Frida Kahlo et devient sa confidente, jusqu’à une terrible dispute. De nombreuses années plus tard, la petite-fille de Nayeli, Paloma, découvre un tableau représentant sa grand-mère…

Je ne sais plus vraiment comment je suis tombée sur ce roman, j’ai dû le voir sur les réseaux, quoi qu’il en soit, je l’ai réservé en médiathèque et je l’ai reçu juste à ma reprise du travail après Noël. Parfait pour le lire pendant le dernier marathon du Chalet. L’idée de découvrir une nouvelle facette de Frida (que j’admire beaucoup) me plaisait, et autant le dire tout de suite, je suis très contente de cette lecture.

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UNE LECTURE COLORÉE

Ce qui m’a immédiatement marquée dans ce roman, c’est la couleur. Dès les premières pages, on plonge dans le Mexique coloré, l’autrice nous fait découvrir les traditions des Tehuana, les femmes qui vivent dans l’État d’Oaxaca, à Tehuantepec particulièrement. On en prend plein les yeux, notamment avec des descriptions des tenues traditionnelles pleines de détails brodés et de couleurs chatoyantes. 

La couleur se retrouve aussi, forcément, plus tard dans le roman, lorsque Nayeli fait la connaissance de Frida. La peintre travaillait les couleurs comme personne, l’autrice réussit parfaitement à le transcrire avec ses mots. Je crois que c’est la première fois que j’ai la sensation de lire en couleurs.

VOYAGE TEMPOREL

Si Frida est une figure importante, c’est Nayeli Cruz qui est le personnage central de l’histoire et qu’on apprend à découvrir sur deux périodes différentes : durant sa jeunesse dans les années 40 à Coyoacan et après son décès, à travers les yeux de Paloma, sa petite-fille. 

Cette double temporalité est bien construite, les deux histoires se répondent de manière indirecte et sont toutes deux passionnantes. J’ai adoré découvrir la vie de Nayeli, les rencontres qui ont jalonné son histoire et l’ont façonnée. J’ai trouvé que cette alternance entre les époques était comme les deux facettes d’une même pièce. Sans en dévoiler trop sur l’histoire, j’ai ressenti qu’il y avait comme deux Nayeli : une lumineuse et colorée dans sa jeunesse et une plus sombre et secrète dans ce qu’on découvre avec Paloma. Et en même temps, tout finit par faire sens. 

Frida est un jalon de l’histoire de Nayeli et permet aussi d’ancrer le récit dans l’Histoire. Car si on à affaire à une fiction, le roman est tout de même ponctué de différents moments réels de la vie de la célèbre peintre mexicaine.

L’ART ET LES FEMMES AU CŒUR

Vous l’aurez compris, entre le résumé qui mentionne un tableau et Frida, l’art est aussi très présent dans ce roman. Florencia Etcheves nous embarque à la fois du côté des artistes avec Frida et Diego, mais aussi dans un côté plus sombre, avec des marchands d’art, des collectionneurs sans scrupules et des faussaires.  C’est passionnant et très immersif. 

Frida en filigrane, une double temporalité bien construite et des secrets qui affleurent, c’est déjà un excellent point de départ, mais si en plus vous ajoutez une petite dose de suspense autour d’un tableau mystérieux que tout le monde s’arrache… Alors vous obtenez un roman très prenant !

Pour ne rien gâcher, une petite touche de féminisme transparaît dans les pages et ce sont vraiment les personnages féminins qui sont mis en lumière dans cette belle histoire de liens, de famille et d’amitié. Attention par contre si vous vous lancez dans cette lecture… Ne le faites pas le ventre vide ! Le roman porte bien son nom et j’ai eu très souvent faim pendant que je lisais !

« Il n’y a rien de plus précieux que le rire, retiens bien cela. Il faut de la force pour rire et se laisser porter, pour se sentir plus léger. La tragédie est quelque chose de profondément ridicule. »
Ce fut l’une des premières leçons que Nayeli apprit de Frida. Ce jour-là, elle se jura que le rire serait son allié pour toujours.

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2 réponses à “La cuisinière de Frida, Florencia Etcheves”

  1. Déjà dans ma wish list, tu me rappelles qu’il faut qu’à mon tour, je laisse une chance à ce roman. Même si la peintre n’est pas l’élément central, je trouve intéressant de la découvrir un peu à travers le prisme d’un personnage de fiction. La touche féministe est un plus indéniable.

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