Parlons livres #18

Je lis déjà beaucoup de manière habituelle, mais avec le confinement et l’organisation de week-end lectures, j’ai encore plus dévoré. Je me suis dit qu’il était temps de vous parler de quelques-une de ces lectures et peut-être vous donner l’envie de les lire vous aussi, si ce n’est pas déjà le cas !

Circé – Madeline Miller

Circée, fille d’Hélios, Dieu du soleil, et de la nymphe Perséïs, est délaissée par ses parents dès sa naissance. Pas assez belle, pas assez de prestance pour être une déesse ou une réelle nymphe, elle n’a aucune valeur aux yeux de ses semblables et grandit presque invisible au sein de l’Olympe. Un jour, elle se découvre des talents de sorcellerie… Zeus, qui a interdit ces pratiques, décide de la bannir et de l’envoyer en exil sur l’île d’Éléa. Mais en faisant ce choix, ses pairs ne lui ont-ils pas rendu service ? Car dans cette solitude forcée, Circé continue de se découvrir et de maîtriser ses pouvoirs…

C’est un roman particulièrement envoûtant qui nous est proposé par Madeline Miller. Son interprétation du mythe de Circé est prenante et percutante et elle le réécrit dans un style très moderne, qui se lit tout seul.

Son écriture très mesurée rend très bien compte de cette vie dans un autre temps que celui des mortels. : Madeline Miller réussi à nous faire ressentir à la fois la richesse et le vide de la vie de Circé, mais aussi la lenteur et la vitesse avec laquelle elle se déroule. Il n’y a pas de longueurs, malgré une vie d’immortelle, le temps file plus vite qu’on ne le pense, mais sans être toutefois précipité.

J’ai beaucoup apprécié de redécouvrir certains mythes “de l’autre côté de l’histoire”, l’exemple le plus parlant étant celui d’Ulysse. Dans l’Odyssée, Circé est dépeinte comme une méchante magicienne très égoïste… Mais ici, on a une autre version de cette histoire, plus développée et qui met le personnage d’Ulysse sous un nouveau jour. Je ne veux pas vous en dévoiler trop alors je n’en dis pas plus…

Circé est un personnage de la mythologie plutôt méconnu et pourtant elle est à la fois fascinante et touchante. Suivre son évolution de jeune fille soumise à sorcière libre et puissante, en passant par mère louve a été un immense plaisir pour moi et c’est un beau coup de cœur que j’ai eu pour ce roman !


Je suis une viking – Andrew David MacDonald

Zelda a 21 ans et elle n’est pas tout à fait comme les jeunes femmes de son âge, parce que sa mère buvait trop quand elle était enceinte. Zelda est une grande passionnée de vikings, elle vit d’ailleurs comme les vikings, avec ceux de sa tribu : Gert son grand frère, Kalash l’amoureuse de Gert même s’il ne le comprend pas et Marxy, son amoureux à elle. Tout pourrait aller bien, sauf que Gert est aux prises avec un méchant. Et Zelda, pour montrer sa bravoure et écrire sa propre légende, va entrer en scène, quitte à (se) mettre en danger…

Au départ, j’ai eu un peu de mal avec le style de l’auteur, un peu saccadé. Comme si les phrases venaient trop vite dans l’esprit de Zelda, héroïne et narratrice de l’histoire. Mais cela s’explique par la maladie dont elle souffre et finalement une fois les premières pages tournées, je me suis embarquée dans cette folle épopée. Et au final, ce style si particulier devient une vraie force qui transmet parfaitement à la fois la naïveté et la force de Zelda.

Les personnages sont vraiment bien écrits, j’ai adoré Zelda, qui ne s’en laisse pas compter mais qui est en même temps très fragile. Kalash, féministe amoureuse et Gert, le grand frère qui a grandit trop vite… Puis les personnages plus secondaires, tous très ordinaires et en même temps très riches et pleins de caractère chacun à sa manière.

Chaque page lue de ce roman m’a plu, je n’ai ressenti aucun longueur, j’ai souvent souri, j’ai tremblé, j’ai eu envie de prendre une épée viking et de me battre avec certains personnages, j’ai même pleuré… Ce roman m’a fait passer par tout un tas d’émotions et c’est un gros coup de cœur là aussi !


Surface – Olivier Norek

Noémie Chastain, capitaine de police judiciaire parisienne est blessée en service. Un coup de fusil en plein visage. Défigurée, elle risque de faire peur à ses collègues, de leur rappeler qu’ils ne sont que des hommes… Alors, elle est envoyée pour un mois à Decazeville dans l’Aveyron, pour envisager la fermeture du commissariat, au profit de la gendarmerie nationale.

Oui mais. À quelques jours de la fin de son éloignement, un squelette d’enfant, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone. Au fond de ce lac, dort une ville engloutie avec ses secrets…

Dès les premières lignes du roman, on se sent embarqué dans quelque chose de dingue et on sait qu’on ne pourra pas lâcher. L’écriture de Norek est simple et efficace. Grâce à un narrateur omniscient, on découvre tout autant différentes facettes des personnages, mais aussi des indices sur l’enquête et c’est vraiment bien mené.

J’ai apprécié cette capitaine de police défigurée, fragile et forte à la fois, qui vit un drame terrible dans notre société de l’image. J’ai aussi aimé les rencontres qu’elle fait, tout particulièrement Melchior, le psychiatre et Hugo le plongeur. Deux personnages masculins qui ne prennent pourtant pas l’ascendant et laissent à cette femme son pouvoir et sa féminité.

L’enquête en elle-même est très prenante, passant du côté très technique de la police scientifique à une enquête plus “rurale”, avec des secrets de famille, des non-dits, des jugements… C’est un juste équilibre pas toujours évident à trouver, mais ici il est là et la lecture n’en est que plus addictive !

Je ne révèlerai pas la fin de l’histoire, mais j’ai été surprise, jusqu’à la dernière page. J’espère revoir Noémie (et l’Averyon) dans d’autres enquêtes…



6 thoughts on “Parlons livres #18”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.