
Merveilleux !, Cookie Kalkair
Lorsque son père fait un AVC, Cookie traverse l’Atlantique en catastrophe pour retrouver cet homme avec qui il a une relation distante. L’attaque ayant provoqué une aphasie de Broca, ce dernier ne peut désormais plus prononcer que quelques mots, dont « merveilleux ». Cookie, sa petite sœur et leurs proches doivent alors apprendre à vivre avec ce handicap, ce qui leur permet de renouer des liens.
J’ai lu cette BD grâce à un conseil Instagram. J’ai trouvé le thème très touchant et surtout très bien abordé. Ici, l’auteur ne fait pas dans le pathos, il montre sa réalité, avec ce qu’il y a de beau et de moins beau dedans, avec le négatif et le positif, les peurs, les colères, les peines, les joies. Le tout est raconté avec énormément d’humour et surtout beaucoup de bienveillance.
En plus de découvrir des vies fascinantes, on apprend quelques notions, notamment sur la parole, les intonations, la gestuelle… Mais aussi sur la résilience. C’est une belle histoire, mais c’est surtout un bel exemple de remise en question pour tous. C’est beau et touchant à lire.
Du côté du graphisme, si la couverture attirait mon regard, j’avoue que le dessin n’est pas ce que j’ai préféré. Quoi qu’il en soit, c’est une belle BD autobiographique qui a su m’émouvoir, me faire rire et me toucher en plein cœur.

Downlands, Norm Konyu
James Reynolds, 14 ans, demeure obsédé par la vision d’un immense chien noir que sa soeur jumelle aurait eue quelques instants avant de mourir. Or, dans le folklore de sa région, cette créature est considérée comme un présage de mort. Aidée d’une vieille voisine, il se plonge dans l’histoire de son petit village anglais à la découverte des légendes et croyances locales.
Attirée par les avis élogieux sur Instagram et par la couverture étonnante, j’ai réservé le livre en médiathèque. Et j’ai drôlement bien fait. Je n’avais pas lu le résumé, je suis donc entrée dans l’histoire sans savoir à quoi m’attendre. J’ai été un peu surprise mais tout de suite happée par ce scénario original, prenant et savamment élaboré.
L’histoire était captivante et les personnages super attachants et très touchants. L’auteur semble nous perdre entre différentes époques, différentes histoires de vie qui ont l’air totalement décousues. Mais tout ça est clairement volontaire, il sème le doute en nous pour mieux tout délier et révéler. La narration est hyper rythmée, les histoires s’entremêlent et embobinent les lecteurs. Il n’y a pas de temps mort et on n’a pas envie de lâcher le livre, pour comprendre et découvrir le fin mot de l’histoire.
Le graphisme est absolument incroyable, c’est canon du début à la fin, du trait aux couleurs. En bref, cette BD qui est un puzzle à la fois graphique et scénaristique, est un coup de cœur à ne pas rater !

Son odeur après la pluie, José-Luis Munuera
Le récit du lien, unique, surpassant tellement d’autres relations, qui unit Cédric à son bouvier bernois Ubac. Pendant treize ans, ils partagent rires, inquiétudes et moments fugaces d’intensité.
J’ai beaucoup vu passer ce titre, que ce soit dans sa version BD ou non. J’étais un peu curieuse de découvrir ce texte, mais j’avais peur que ça ne me plaise pas vraiment. Quand ma collègue l’a emprunté pour elle, je l’ai attrapé au vol avant qu’il ne reparte.
Je dois reconnaître que l’histoire est hyper touchante et bien écrite, sans partir dans le pathos inutilement. J’ai beaucoup aimé faire la connaissance de Cédric et d’Ubac, puis de Mathilde. J’ai aimé la manière dont il rencontre ces deux âmes soeurs dans sa vie, comme une évidence. L’humour est présent tout au long de l’histoire, tout comme les émotions. On rit, on pleure, on a le coeur qui se serre et on ressort de la lecture avec un sourire accroché aux lèvres.
Les dessins et les couleurs de Munuera servent beaucoup l’histoire, c’est superbement illustré et les émotions ressortent magnifiquement des humains comme du chien. Une belle ode aux animaux et à leur amour inconditionnel, que je ne regrette pas d’avoir découvert.

